Chili – une nouvelle constitution

Carnet de voyage

Hier,  Dimanche 25 Octobre 2020, les chilien(ne)s ont réalisé un scrutin historique avec plus de 78% d’approbation pour le changement de constitution. Constitution établie sous Pinochet en 1980, dans laquelle, il est stipulé que « si une entreprise privée peut le faire, l’état n’a pas l’obligation de s’y mettre » (on parle de santé, d’éducation, de retraites, de privatisation de l’eau, etc.)

Le président Piñera a reconnu un triomphe, alors qu’on est à peu près sûr, qu’il a lui-même voté contre.

Le président c’est Sébastian.

Son frère, c’est José. Ministre sous Pinochet. Economiste formé à l’école des Chicago Boys selon les théories néolibérales de Milton Friedman. Grâce au coup d’état de Pinochet en 1973, José a, entre autre, mis en place le système de retraite par fond de pension qui perdure encore au Chili et qui offre l’équivalent de 200 Euros pour une grande majorité des retraités.

Son cousin, c’est Andres Chadwick, ministre de l’intérieur en charge au moment où explosent les manifestations du 18 Octobre 2019, responsable de violation des droits de l’homme, et ancien ministre de Pinochet. Il a fait partie de la junte militaire dans les années 70.

Je m’arrêterais là pour l’arbre généalogique. C’est pour vous donner une petite idée de l’état de la démocratie chilienne actuelle. Les quelques personnes jugées pour leur participation à la dictature ont été condamnées à vivre dans une espèce de prison dorée, Punta Peuco, dans laquelle ils peuvent recevoir leur famille.


Sans justice, il n’y a pas de paix.

Hier, le Chili a filé une grande baffe à tous ces dirigeants corrompus et veut faire table rase de cette constitution. C’est encore plus historique que va l’écrire une chambre d’élu(e)s issue de la société civile et paritaire.

Hier, aujourd’hui et demain, le Chili nous montre le chemin d’une démocratie joyeuse, participative et solidaire.

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